7 octobre 2023
INTRODUCTION
L’instruction étant un élément important pour le développement d’un pays, c’est dans ce cadre que le Gabon comme tous les autres pays, se dote en 1970 de sa première université sous l’appellation de « Université Nationale du Gabon » ( UNG). C’est huit ans plus tard en ( 1978 ) qu’elle prend son nom actuel « Université Omar Bongo » ( UOB). Si lors de sa création l’université ne comptait que deux bâtiments, aujourd’hui elle en compte plusieurs. Malgré la multiplication de ces infrastructures, elles ne sont toujours pas adaptés aux nombreux étudiants qu’accueillent l’université chaque année.
Rappelons que l’université Omar Bongo compte en son sein deux facultés, la Faculté de droit et des sciences économiques (FDSE), et la Faculté de lettres et des sciences humaines (FLSH).
Lors de sa création, la capacité d’accueil de l’université était estimée à environ 7000-8000 étudiants et c’est selon cette estimation que les infrastructures avaient été construite(…). Sauf qu’au fil des années, cette dernière vit le nombre de ses d’étudiants accroître considérablement. Ils sont aujourd’hui estimés à environ 35000. Mais malheureusement pour eux, les infrastructures devant les accueillir ne sont pas réadaptés.
Le Gabon après 63 ans d’indépendance et au vu des nombreuses richesses qu’il possède, devrait être doté d’universités qui répondent aux normes internationales. Encore plus l’université Omar bongo, car elle est la première du Gabon, mais malheureusement ce n’est pas le cas. La dispensions des cours dans les salles est d’un autre temps, car elles ne sont pas adaptées. Le matériel moderne est inexistant et le confort n’est même pas une option.
Malgré les nombreuses réhabilitations et les nombreux réaménagements, celle-ci est toujours dans un piteux état au grand dam des étudiants et des enseignants, qui ne demande qu’avoir des meilleurs conditions d’apprentissage et d’enseignement.
LA BIBLIOTHÈQUE UNIVERSITAIRE
La bibliothèque universitaire, mise en service en 1976, était en très grande partie constituée d’ouvrages de droit, sciences politiques, de sciences économique et sciences techniques de l’ingénieur du terrain. Au fil des années, avec l’ouverture de nouvelles filières, le fond s’est enrichie mais toujours qualifiée de bibliothèque du moyen âge, parce que les œuvres n’étaient pas d’actualité et ceux qui étaient un peu plus intéressants avaient des pages arrachées. De plus, des œuvres mentionnés dans le répertoire n’existait pas. Ainsi, nombreux étudiants avaient du mal à faire leurs recherches et à rédiger leur mémoire. Hormis cette obsolescence d’ouvrages sans contenus consistant, il y avait aussi le problème de réception : 200 places pour 35000 étudiants. Raison pour laquelle, le directeur de cette institution avait avoué que rien ne va là-bas.
Pour le corps étudiant, qu’il n’y ait pas de places assises c’est une chose, mais qu’il n’y ait pas de livres répondant aux normes actuel c’est décevant. car cette situation décriée depuis plusieurs décennies continue de se dégrader année après année. Par ailleurs, des espaces au sein de cet établissement ont été aménagé en salles de réunions et de conférences mais également pour accueillir des étudiant inscrits à l’université numérique. Au regard de ces nombreuses modifications qui visiblement ne semblent pas améliore la qualité de fonctionnement du dit établissement, on vient à se demander quel sort l’avenir réserve-t-il à la Bibliothèque universitaire ?
LE RESTAURANT UNIVERSITAIRE
Crée en 1970, le restaurant de l’université OMAR BONGO ouvre officiellement en ses porte aux étudiants 1971, avec une capacité d’accueil d’environ 2500 places. Son mode de fonctionnement était organisé comme suite : 1 tonne de repas par jour, soit une quantité de ration de 300 kg allant à 700 kg à la disposition des étudiants avec une proposition de trois repas équilibrés par jour composé (d’une entrée, d’un plat de résistance) puis d’un dessert. Le profit de ce privilège passait par l’achat d’un ticket d’une somme de 150f.
Après être resté fermé pendant longtemps depuis 2014, le restaurant universitaire ouvre à nouveau ses portes en en 2021 avec à son service le centre national des œuvres universitaire (CNOU) en succession Sodexo-Gabon en 2021, qui assurait la prestation de ses services. C’est aussi une période à laquelle deux innovations majeures ont été mises en place d’où : le changement du prix du ticket allant de 150f à 500f, la numérisation par Airtel money ou Mobi cash. De ce fait, cette période amène une frustration des étudiants car les repas servis n’apportaient aucune satisfaction. Composé en effet d’une canette de jus et d’un sandwich, c’était désormais le menu auquel les étudiants en avaient droit. Un menu d’ailleurs pas très flatteur, en raison de la qualité des sandwichs qui étaient toujours froids.
Puis en 2023, une nouvelle tendance alimentaire arrive. Toujours avec un tarif de 500f le ticket, une variation de menu est proposée par jour, composé à nouveau d’une entrée, d’un plat de résistance et d’un dessert. Cependant, le service n’était disponible que pour une durée de 2h allant de 12h à 14h en raison de la quantité limitée de la ration alimentaire. Malheureusement tout le monde ne peut pas trouver satisfaction en ce laps de temps, car les heures de cours ne sont pas les mêmes pour tous les apprenants. De plus, la quantité alimentaire était insuffisante pour combler l’effectif grandissant des étudiants qui ne cesse de croitre chaque année. Aujourd’hui, malheureusement, le restaurant se trouve une fois de plus fermé. Son ouverture n’a été que d’une courte durée, juste pendant la période électorale.
INFIRMERIE UNIVERSITAIRE
La santé c’est la base. C’est dans cette optique qu’en 1970 dans la création de l’université Omar bongo, qu’une infirmerie universitaire a été construite. Pour que les étudiants puissent avoir les soins de première nécessité en cas de maladie et autre. Elle est mise en place pour s’adapter à l’effectif des étudiants. Une initiative d’ailleurs louable par les étudiants et les enseignants de ladite institution. Cette infirmerie était également un soulagement pour les étudiants qui résidaient au sein du campus universitaire. Les infirmières et infirmiers, étaient disponible pour chaque étudiant qui s’y rendait. L’accueil était à son rendez-vous. Il y avait suffisamment de médicaments à la petite pharmacie de ladite Structure. Car en cas de malaise d’un étudiant, les premiers soins lui étaient administrer avant de l’évacuer vers un centre médical. Sauf que, les soins à cette époque n’étaient pas totalement gratuits. Les étudiants inscrit à l’Uob payaient la petite somme de 2000f pour avoir accès au soin. L’infirmerie était accessible de 8h jusqu’à 16h. Elle disposait des lits, des perfusions, des pansements etc…La pharmacie était bondée de divers médicaments de base, elle était très active.
Que peut-on dire de cette infirmerie aujourd’hui ?
L’infirmerie de l’uob aujourd’hui n’a quasiment plus rien, elle n’est plus active. Il y’a plus rien de tout ce qu’il y avait autrefois. Les infirmières ne savent plus accueillir les étudiants, ni quoi prescrire aux étudiants malades. La pharmacie depuis 2014 est en carence de médicaments. Les premiers soins ne sont plus administrés. C’est à croire qu’on veut maintenant tuer les étudiants par ce que le nouveau remède qu’ils ont jugé de donner à chaque patient malgré les différents malaises est le paracétamol. Les étudiants n’y vont presque plus, parce qu’ils doutent de la compétence des nouveaux infirmiers.
En début de 2023. Après plusieurs crient d’alerte, l’infirmerie subit un réaménagement jusqu’à nouvelle ordre. Elle est devenue un centre médical, les soins seront gratuits désormais pour tous les étudiants inscrits régulièrement à l’uob. Elle sera dotée de plusieurs spécialités telles que : la gynécologie, l’ophtalmologie etc…Pour chaque consultation il faudra avoir une carte d’étudiant ou un récépissé (CNAMGS). Nous espérons qu’avec ce réaménagement cette structure pourra désormais avoir ses lettres de noblesse plus qu’au paravent.
LES SANITAIRES À L’UNIVERSITÉ
Parmi les nombreux maux que compte l’université OMAR BONGO, s’ajoute à cela le problème des sanitaires. Le manque d’entretien ainsi que les coupures d’eau au sein de cette structure rendent l’utilisation des vestiaires impossible, une situation qui embarrasse tout le monde. En effet, certains étudiants sont contraints de se rendre des buissons, ou s’isoler derrière des bâtiments pour soulager leurs besoins personnels. De par cette situation, nous pouvons observer une insalubrité conséquente qui dur depuis plusieurs années. Pour essayer de remédier à cela, la mutuelle en collaboration avec certains étudiants ont pris l’initiative de recycler des vestiaires hors service par le manque d’hygiène et le manque d’entretien, et décider de faire payer ces utilisations temporaires à une qui varie 100f à 200f en fonction des différents endroits. C’est vraiment dommage de savoir que la plus grande université de la Capitale plonge de jour en jour dans les ténèbres.
EFFECTIF PLÉTHORIQUES
L’Université Omar Bongo a été créé en 1970 afin d’accueillir les nouveaux bacheliers gabonais. Celle-ci a une capacité d’accueillir près de 8000 étudiants mais force est de constater qu’au fil des années ses effectifs se sont multipliés allant jusqu’à présent à près de 35000 étudiants enregistrer au sein de cette matrice. Dès lors quel en sont les réelles causes de ces effectifs pléthoriques et quel impact sur les conditions d’apprentissage ? L’université Omar Bongo est sur le point de célébrer ses 53 ans de vie tout le monde s’accorde pour dire que l’uob l’alma mater des universités gabonaises souffrent paradoxalement de plusieurs maux. Outre des infrastructures et un système pédagogique aux antipodes de la modernité, il y a ce qui constitue un réel franc à l’essor de l’institution universitaire le système managérial, sinon la gouvernance universitaire.
Conçu pour accueillir plus de 8000 étudiants l’université compte aujourd’hui plus de 35000 étudiants inscrits, l’état des lieux reste amer malgré les fonds colossaux à louer au fil des années. Plus de 10 milliards entre 2010 et 2013 pour la réfection et la construction de nouveaux bâtiments, les réalisations peine à sortir de terre. Le panorama s’assombrit davantage au fil des années au point où les amphithéâtres et salles de cours préfabriqué conçu en 2012, ne font plus que l’ombre d’eux-mêmes. Conséquences, certaines n’ont pas de place assise du fait des effectifs pléthoriques et non contrôlé. Il revient à se demander s’il n’est pas judicieux de construire de nouvelles universités, car chaque année les nouveaux bacheliers sont orientés dans cet établissement sans tenir compte du manque de salles.
LE CAMPUS UNIVERSITAIRE
De sa création à fermeture. Qu’est-ce qui s’est concrètement passé au sein du campus Omar Bongo ?
En se penchant sur la situation de résidences universitaires. Il sied de rappeler que le campus voit le jour en même temps que l’université. Une idée du feu président plaçant ainsi la jeunesse au centre .
Aujourd’hui cela fait plus de 50 ans d’existence.
Mais peut- on voir une quelconque évolution dans ce campus ?
A l’époque le campus était constitué des dortoirs, les apprenants y étaient logés et éprouvaient un réel plaisir à y vivre.
Le cadre était calme, reposant et facilitait les révisions. La proximité à se rendre à l’université.
Du côté financier les coûts de logements valait la somme de 9mille FCFA , une somme abordable dont pouvait disposer chaque étudiant. Étant donné qu’ils percevaient pour la grande majorité la bourse.
L’initiative d’une résidence universitaire était le rêve de l’ensemble des étudiants, particulièrement pour les personnes ressortissant des provinces qui très souvent avec des difficultés à trouver un logement.
Malheureusement, le campus ferme ses portes en 2014.
La résidence va connaître une série de maux parmi lesquels : l’insécurité, les attitudes rebelles, l’instabilité famille ( les proches des étudiants venaient déjà y loger ), la sexualité débridée, les drogues pour ne citer que ceux-là. Récits de certains anciens étudiants, Sans oublier les multiples violences dont dénoncent gabonactu.com. En clair l’endroit devenait sinistre, plus personne ne se sentait en sécurité.
La fermeture du campus a eu des dégâts directs sur les étudiants, ils sont désormais exposés à la culture de l’allocation , il devient difficile de joindre les deux bouts.
Les conditions d’attributions de bourses aussi ont changé.
Tout ceci entraîne, la négligence scolaire, l’échec, l’abandon.
La balance penche plus sur le passé. Les conditions de vie et d’apprentissage étaient clairement mieux avant. Tout est statique, tout va de mal en pis depuis 30ans…Nous espérons qu’avec le régime en place, l’éducation sera de nouveau au centre.
CONCLUSION
En somme, il nous convient de retenir que l’université OMAR BONGO est la plus ancienne des nombreuses autres du pays. Elle accueille depuis plus de 50 ans de nombreux apprenants dont plusieurs sont pour la majorité d’entre eux, devenus des hauts cadres. Ceci pour dire que cette structure a contribué pendant longtemps à l’émancipation intellectuelle de plusieurs apprenants qui l’ont fréquenté et qui d’ailleurs pour certains, continuent de le faire. La majorité des enseignants qui s’y trouve a étudié dans cet établissent, cela prouve que cette dernière regorge de nombreuses compétences. Malheureusement aujourd’hui, ladite université est confrontée à de nombreux maux qui d’ailleurs ne cessent de se multiplier chaque année. Une situation alarmante qui devrait interpeler les autorités compétentes, afin de venir en aide au temple du savoir qui à première vue semble être en difficulté, et risque fort bien au fil du temps, si rien n’est fait, de finir aux oubliettes. Il nous reste à espérer que le nouveau régime en place puisse avoir un favorable face à cette situation qui menacerait l’avenir de cette structure et des apprenants qui la fréquente. Au regard de ces nombreuses critiques et plaintes entendues chaque année, il a lieu de se demander quel sort l’avenir réserve-t-il cette université ?